Club des Connoysseurs

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22 décembre 2008

Le « Club du suicide », plus fort que le Kéno ?

Publié par dvinatier dans Non classé

 

L’ennui mène à tout, surtout aux idées morbides. Deux hommes en font l’expérience un soir dans Le Club du Suicide, une nouvelle de R. L Stevenson. Le prince de Bohême Florizel et un de ses amis, le colonel Geraldine, traînent dans l’existence sans la goûter vraiment. Leur condition aristocratique et la période à laquelle ils vivent leur interdisent la joie de goûter au Kéno. Qu’importe, pour jeu de hasard il leur est proposé un divertissement moins subtil et plus brutal par un inconnu qui cerne leur ennui, au détour d’une conversation sur la vente de tartes à la crème. Il s’agit de devenir membre d’un club fermé, au sens strict du terme. Une fois dedans, on désigne une victime et un exécuteur lors des sessions extraordinaires. Tout cela, entre gentilshommes. Méfiez-vous donc de toute personne qui aurait le projet de vous vendre des pâtisseries.

22 décembre 2008

La prison est un bon endroit pour se consacrer sérieusement à la poésie

Publié par dvinatier dans Non classé

En la forêt de longue attente, poème évoquant la tension entre espoir et patience amoureuse, est un bon titre pour résumer métaphoriquement l’univers dans lequel vécut Charles d’Orléans. La longue attente, c’est celle de la prison. Ce poète du XVe siècle y passa plus de la moitié de sa vie. Tombé sous la coupe des Anglais, l’ennemi de l’époque, lors de la bataille d’Azincourt, Charles d’Orléans fait de l’écriture poétique sa principale distraction, son divertissement. Il compose chansons, rondeaux et ballades. La longue attente, c’est aussi la vertu cardinale de la relation amoureuse. Ce poète peut avantageusement remplacer le morceau de blues (voire de variété) que vous écoutez pour oublier que votre compagne vous a envoyé un sms, que vous jugez bien court, pour vous annoncer qu’elle vous quitte. Un exemple ci-dessous :

 RONDEL.

Puisqu’Amour veult que banny soye
De son hostel, sans revenir,
Je voy bien qu’il m’en fault partir,
Effacé du livre de Joye.
Plus demourer je n’y pourroye,
Car pas ne doy ce mois servir.
Puisqu’Amour, veult que banny soye

De son hostel, sans revenir.

De Confort ay perdu la voye,
Et ne me veult on plus ouvrir
La barriere de Doulx plaisir,
Par desespoir qui me guerroye.
Puisqu’Amour veult que banny soye

De son hostel, sans revenir.

 

22 décembre 2008

Une histoire sans lendemain bien avant l’invention de meetic

Publié par dvinatier dans Non classé

 

Qualifié successivement de conte libertin et de court roman emblématique de la litérrature roccoco,  Point de lendemain (1777), de Vivant Denon, vaut surtout pour l’art maîtrisé de l’esquisse (l’auteur fut graveur de formation et dessinateur) et du rythme. Dans ce roman, les femmes se rendent aux « dernières faveurs », comme l’on dit plaisamment au XVIIIe siècle, et le personnage principal goûte le plaisir d’être joué par ce jeu. Les cinq premières lignes condensent cet art de l’ellipse :

 

« J’aimais éperdument la comtesse de *** ; j’avais vingt ans, et j’étais ingénu ; elle me trompa ; je me fâchai ; elle me quitta. J’étais ingénu, je la regrettai ; j’avais vingt ans, elle me pardonna ; et comme j’avais vingt ans, que j’étais ingénu, toujours trompé, mais plus quitté, je me croyais l’amant le mieux aimé, partant le plus heureux des hommes. Elle était amie de T…, qui semblait avoir quelques projets sur ma personne, mais sans que sa dignité fût compromise. Comme on le verra, madame de T… avait des principes de décence, auxquels elle était scrupuleusement attachée ».

22 décembre 2008

Exil en Calabre

Publié par dvinatier dans Non classé

« Le charme subtil des convalescences consiste en ceci : revenir à ses habitudes avec l’illusion de les découvrir ». C’est ce qu’a dû découvrir le poète italien Cesare Pavese. Sonjournal littéraire , Le Métier de vivre,  commence en 1935, date de son exil forcé en Calabre, pendant un an. Il met à profit une des ses formules présentes dans son oeuvre : « Toute souffrance qui n’est pas à la fois connaissance est inutile« . Il s’agit d’une réflexion sur la création littéraire, poétique et romanesque, sur le sens à donner au suicide (l’écrivain se tue en 1950 dans sa chambre d’hôtel), sur la progressive appropriation de son propre corps (« la vieillesse consiste à posséder enfin son corps »). Le journal ne ressemble pas à ce qu’on attend d’habitude d’un journal intime : peu de faits, peu de noms de personne ; mais des formules ressérées autour d’un réflexion sur sa perception du monde.

 

« La littérature est une défense contre les offenses de la vie. Elle lui dit : « Tu ne me couillonnes pas ; je sais comment tu te comportes, je te suis et je te prévois, je m’amuse même à te voir faire, et je te vole ton secret en te composant en d’adroites constructions qui arrêtent ton flux. »

22 décembre 2008

Portrait d’un tueur lettré

Publié par dvinatier dans Non classé

Gilles de Rais, maréchal de France au service de Jeanne d’Arc, aurait pu rester dans l’histoire nationale pour sa geste militaire. Pourtant, c’est au titre de premier tueur en série qu’il reste présent dans la mémoire collective. Là-bas, de J. K. Huysmans, présente cette figure sombre, en évoquant parallèlement les tendances au démonisme apparues à la fin du XIXe siècle. Un écrivain tente d’écrire une biographie sur Gilles de Rais, homme aux multiples visages, tous reconnus en son temps : guerrier, lettré, tueur d’enfants.

 

« Tu y crois si bien à ces idées-là, mon cher, que tu as abandonné l’adultère, l’amour, l’ambition, tous les sujets apprivoisés du roman moderne, pour écrire l’histoire de Gilles de Rais-et, après un silence, il ajouta : -je ne reproche au naturalisme ni ses termes de pontons, ni son vocabulaire de latrines et d’hospices, car ce serait injuste et ce serait absurde ; d’abord, certains sujets les hèlent, puis avec des gravats d’expressions et du brai de mots, l’on peut exhausser d’énormes et de puissantes oeuvres, l’ Assommoir, de Zola, le prouve ; non, la question est autre ; ce que je reproche au naturalisme, ce n’est pas le lourd badigeon de son gros style, c’est l’immondice de ses idées ; ce que je lui reproche, c’est d’avoir incarné le matérialisme dans la littérature, d’avoir glorifié la démocratie de l’art ! »

22 décembre 2008

Autour de 1660, ça balance pas mal en Bourgogne

Publié par dvinatier dans Non classé

L’Histoire amoureuse des Gaules, écrite par Bussy-Rabutin, comte de Bussy, pour se divertir dans son château bourguignon, propose une série de portraits virulents autour des années 1660. Tombé en disgrâce à la suite d’une cabale, il est emprisonné par ordre de Louis XIV, lequel le soupçonnait d’avoir porté atteinte à l’image de sa propre mère. On ne saura jamais s’il s’agit de la version originale ou d’une version tronquée et diffusée à son insu, comme l’auteur le clama pour se défendre des attaques. Il s’agit moins d’une chronique de son temps qu’un roman à tendance satirique, en partie inspiré du Satiricon de Pétrone. Tout comme Saint-Simon, Bussy-Rabutin est un oeil qui se promène à la cour, avec le détachement d’un spectateur. On pense d’ailleurs à un mot de Saint-Simon qui éclaire le destin de Bussy-Rabutin : « il était tellement rompu (à la Cour) qu’il en était corrompu ». On coupe souvent le doigt de celui qui montre la plaie. Bussy-Rabutin s’en rendit compte, amèrement.

22 décembre 2008

Publié par dvinatier dans Non classé

Ce blog a pour ambition de faire connaître quelques écrivains et quelques oeuvres lues, en proposant des extraits d’oeuvre littéraires. Vous pouvez donc proposer vos propres lectures.

22 décembre 2008

Bonjour tout le monde !

Publié par dvinatier dans Non classé

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